Les employés manquent-ils à l'appel ?

Source : Extrait Florent Francoeur

L’absentéisme risque fort de devenir un jour ou l’autre une source de préoccupation pour toute organisation, quelle qu’elle soit. D’ailleurs, plusieurs d’entre elles réservent déjà un pourcentage de leur budget aux coûts directs et indirects liés à l’absentéisme.

Au Canada, l’absentéisme augmente régulièrement depuis 2000 en nombre de jours de travail perdus et en nombre d’absences déclarées par employé par année. Selon le rapport intitulé Taux d’absence du travail 2007, publié par Statistique Canada en mai dernier, le Québec et la NouvelleÉcosse viennent en tête avec une moyenne de 12 journées perdues par année pour chaque employé à temps plein.

Devant la constante hausse de ce phénomène, il y a lieu de s’interroger. Cette situation n’est-elle pas le symptôme de problèmes qui ne disparaîtront pas d’eux-mêmes et auxquels le monde du travail doit s’ajuster?

Nombreux sont toutefois les gestionnaires qui hésitent sur l’approche à adopter lorsqu’un problème d’absentéisme dépasse les bornes. La tentation est alors forte de s’en remettre à une procédure purement disciplinaire. Cependant, un tel processus fait abstraction des sources du problème et, en conséquence, échoue très souvent à le résoudre.

Évidemment, les causes d’absentéisme autres que celles liées à la maladie sont diverses. Elles peuvent être directement liées à l’environnement de travail, à la conciliation du travail et des obligations familiales, à des problèmes de dépendance aux drogues et à l’alcool, etc.

Si la cible semble mouvante, il n’en demeure pas moins que des mesures efficaces parviennent généralement à réduire le taux d’absentéisme lorsqu’il devient problématique.

Quand la motivation est à la baisse…
Bien souvent, la démotivation et la diminution de l’engagement s’installent lorsque l’employé a le sentiment que ses tâches n’ont pas d’impact sur les affaires de l’organisation. Il lui arrive alors de considérer sa présence au travail comme peu importante. C’est pourquoi il est essentiel que l’employé perçoive clairement le lien entre ses objectifs personnels au travail et les objectifs globaux de l’organisation. En s’employant à communiquer l’importance du rôle de chacun et, surtout, en reconnaissant ce rôle, l’employeur suscite chez ses employés un sentiment d’engagement et de responsabilité qui aura certainement une influence sur l’assiduité au travail.

Quand il faudrait des journées de quarante-huit heures…
En ce qui a trait aux difficultés éprouvées dans la conciliation du travail et de la vie familiale, il est clair qu’elles sont une cause directe d’absentéisme. En effet, selon une étude réalisée par Statistique Canada en 1998, les parents de jeunes enfants s’absentaient 6,4 jours par an comparativement à 5,6 jours par an pour les employés sans jeunes enfants. Pour leur part, 89  % des organisations qui ont mis de l’avant des initiatives axées sur la conciliation travail/vie personnelle ont constaté une réduction du taux d’absentéisme. Les mesures sont très diversifiées, car le monde du travail est de plus en plus complexe : elles peuvent aller des horaires flexibles au télétravail, en passant par la semaine comprimée, la garderie en milieu de travail, le camp de jour en été, le prolongement du congé parental et même un service de soutien aux aînés.

Quand plus rien ne va…
La surconsommation d’alcool et la dépendance aux drogues est une autre cause importante d’absentéisme. Le Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies (CCLAT) indique que les coûts économiques les plus importants de l’abus de substances découlent de l’absentéisme pour cause d’accident.

Force est de constater qu’il y a plusieurs façons d’agir sur le taux d’absentéisme au travail. Les entreprises qui appliquent l’un ou l’autre de ces moyens y gagnent directement en réduisant le nombre de journées d’absence. Ce faisant, elles réalisent également plusieurs gains indirects, tels que l’accroissement de la productivité et du dynamisme des employés. Tous les outils sont là, il ne reste qu’à les utiliser.